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LA SITUATION DES ENFANTS AU QUÉBEC
DÉMOGRAPHIE
CONSOMMATION DE DROGUE/ALCOOL
ABUS ET NÉGLIGENCE ENVERS LES ENFANTS
NUTRITION (sécurité alimentaire)
SANTÉ
MAIN D’ŒUVRE INFANTILE
PAUVRETÉ
VIOLENCE
DROITS DES ENFANTS
ENFANTS AYANT DES BESOINS PARTICULIERS
DISCRIMINATION
ÉDUCATION
ENVIRONNEMENT FAMILIAL
POLITIQUES FAMILIALES ET SERVICES À L’ENFANCE
LES ENFANTS ET LA LOI
ENFANTS DE LA RUE
SUICIDE
FACTEURS ENTRAVANT L’AMÉLIORATION DE LA SITUATION DES ENFANTS AU QUÉBEC

DÉMOGRAPHIE

En 2000, 18% de la population a moins de 15 ans, 69% est âgée de 15 à 64 ans et 13% a plus de 64 ans; en 1991, les proportions étaient respectivement de 20%, 69% et 11%. (ISQ, 2001)

CONSOMMATION DE DROGUES ET D’ALCOOL

2% des enfants de 9 ans et 60% des adolescents de 16 ans ont déjà fumé une cigarette au complet. Plus de filles que de garçons fument à 16 ans. (ISQ, 1999)
Au cours d’une période de 12 mois, un adolescent de 13 ans sur dix a consommé une drogue et à 16 ans, un sur deux l’a fait. Ainsi, 46% des jeunes ont consommé de la marijuana et 15% ont consommé des hallucinogènes durant cette période. (ISQ, 1999)
Proportion d’enfants et d’adolescents qui consomment de l’alcool environ toutes les semaines (ISQ, 1999)
 
Âge
Proportion
9 ans
2%
13 ans
3%
16 ans
20%
Parmi les adolescents qui consomment de l’alcool, 11% des 13 ans et 30% des 16 ans ont habituellement une consommation à risque de cinq verres et plus par occasion. Les garçons consomment plus fréquemment et en plus grande quantité que les filles. (ISQ, 1999)
Proportion de jeunes ayant déjà consommé des drogues (RRSSS, 1999)
 
Substance
Jeunes du secondaire fréquentant une école de la CÉCM
Jeunes de la rue
Cocaïne
6%
73%
Crack
2%
52%
Héroïne  
32%
(5% sur une base quotidienne)
Méthadone  
8%
Codéine  
22%
Cannabis
24%
96%
Tranquillisants  
44%
Hallucinogènes
12%
72% à 84%
selon le type de drogue
 

ABUS ET NÉGLIGENCE ENVERS LES ENFANTS

Les cas retenus et fondés d’abus et de négligence envers les enfants ont augmenté de 50% à 68% de 1980 à 1996.
(Bouchard, cité dans La Presse du 23 novembre 2002)
Taux d’enfants dont les mauvais traitements ont été jugés fondés, selon les formes de mauvais traitements, pour l’ensemble du Québec
(ISQ, 2001)
Forme de mauvais traitements
Proportion de signalements jugés fondés
Nombre d'enfants affectés par 1000
Négligence
72%
5,6
Mauvais traitements psychologiques
74%
2,5
Abus physique
58%
1,9
Abus sexuel
53%
0,9
Autres formes de mauvais traitements
75%
0,9
   
Plus de vingt pour cent (21%) des 4 774 enfants déclarés ont vécu plus d’une forme de mauvais traitements. En ordre d’importance, les principales doubles cooccurrences sont:
 
Négligence/mauvais traitements psychologiques
8,0%
Abus physique/mauvais traitements psychologiques
4,0%
Abus physique/négligence
3,8%
Négligence/autres mauvais traitements
1,9%
Négligence/abus sexuel
1,5%

La négligence et les mauvais traitements psychologiques apparaissent donc comme les formes de mauvais traitements les plus souvent associées aux autres types de mauvais traitements. (ISQ, 2001)
Abus physique
Les abus physiques vécus par les enfants concernent surtout des situations de discipline physique abusive (63%) et de brutalité impulsive (31%). Un peu plus de la moitié des enfants subissent ces abus depuis plus de six mois (53%) et ont subi des blessures liées à ces abus (48%). (ISQ, 2001)
Abus sexuel
Les attouchements sexuels (65%) et, dans une moindre mesure, les relations sexuelles complètes (14%) sont les principaux types d’abus sexuels dont sont victimes les enfants. Quatre enfants sur dix (43%) vivent ces abus depuis plus de six mois, et seulement 8% des enfants ont eu des blessures ou des atteintes physiques identifiées lors de l’évaluation du signalement. (ISQ, 2001)
Négligence
Les formes de négligence les plus fréquentes sont le défaut de superviser ou protéger pouvant entraîner un préjudice physique à l’enfant (26%), la négligence éducative (25%), le défaut de superviser ou protéger pouvant entraîner des comportements mal adaptés socialement (21%) et la négligence physique (16%). Les situations d’abandon représentent moins de 12% des situations de négligence/abandon regroupées. Elles se manifestent surtout par un refus d’assurer la garde du jeune ou par son expulsion du foyer (47% des cas) ou par l’absence des parents (40%). Les situations de négligence durent depuis plus de six mois dans 63% des cas, et peu de blessures ou d’atteintes physiques en lien avec ces situations ont été identifiées par les intervenants au moment de l’évaluation du signalement, soit pour 11% des enfants.
(ISQ, 2001)
Mauvais traitements psychologiques
Les mauvais traitements psychologiques se caractérisent surtout par une exposition à de la violence conjugale dans la famille (46%) et par du rejet/dénigrement/désapprobation envers l’enfant (24%). Il s’agit de la forme de mauvais traitements pour laquelle la proportion d’enfants qui en sont victimes depuis plus de six mois est la plus importante : 76% des victimes de mauvais traitements psychologiques les subissent depuis plus de six mois. Tout comme l’abus sexuel, la négligence et les « autres formes de mauvais traitements », les intervenants ont identifié très peu d’enfants ayant subi des conséquences physiques des mauvais traitements psychologiques subis au moment de l’évaluation du signalement, soit dans seulement 8% des cas. (ISQ, 2001)
Le taux des enfants pour qui des épisodes d’agression psychologique se seraient présentés de trois à cinq reprises durant l’année précédant l’enquête se situe à 44%, contre 16% pour ce qui est des épisodes de violence physique mineure et 1% en ce qui concerne les épisodes de violence physique sévère. Environ 352 000 enfants auraient subi de l’agression psychologique six fois ou plus durant l’année ayant précédé l’enquête, quelque 100 000 enfants auraient vécu de la violence mineure à cette même fréquence et 10 000 enfants auraient été soumis à de la violence physique sévère de façon répétée. (ISQ, 2001)
La qualité des relations de couple est étroitement liée aux taux de violence. Les enfants dont les mères affirment vivre une relation conjugale difficile ou violente (6% des couples) sont, en proportion, plus nombreux à vivre de la violence, le taux de violence physique sévère étant près de quatre fois plus élevé là où l’on rapporte de l’hostilité dans le couple. (ISQ, 2001)
Selon la forme de mauvais traitements vécus par les enfants et en considérant séparément l’abandon, de 16% à 33% des enfants vivent avec au moins un parent ayant été maltraité dans son enfance. Les enfants négligés sont ceux qui sont les plus susceptibles de vivre avec un parent maltraité dans l’enfance (33%), suivis par les enfants abusés physiquement (27%) et ceux abusés sexuellement (26%). (ISQ, 2001)
Au Québec, l'alcool serait associé à 30% des cas de violence à l’endroit des enfants, alors que 50% des victimes d’inceste appartiendraient à des familles touchées par l’alcoolisme. (MSSS, 1992).
La violence physique sévère envers un enfant est rapportée deux fois plus souvent dans les ménages où les répondantes-clés se perçoivent pauvres ou très pauvres, comparativement à celles qui estiment leur ménage à l’aise financièrement (12% contre 6%). (ISQ, 2001)
 

NUTRITION (sécurité alimentaire)

Dans l’ensemble, près de 1 Québécois sur 10 vit au moins l’une ou l’autre des trois manifestations d’insécurité alimentaire. La monotonie du régime alimentaire serait l’aspect le plus fréquent relié à l’insécurité alimentaire (7%), alors que la restriction de l’apport alimentaire ou l’incapacité d’offrir des repas équilibrés aux enfants par manque d’argent toucherait entre 4,1% et 4,5% de la population. (ISQ, 1998)
8% des ménages québécois vivent l’un ou l’autre de ces problèmes; les groupes de la population les plus touchés sont les personnes pauvres (environ 20%) et très pauvres (39%), les familles monoparentales (23%) et les personnes sans emploi (27%). (Dubois et coll., 2000)
Plus d’un jeune québécois sur dix mange mal ou pas assez en raison de difficultés financières à la maison. (ISQ, 2002)
 

SANTÉ

De 11% à 13% des jeunes présentent de l’embonpoint et de 3% à 4% de l’obésité. (ISQ, 1999)
Selon l’Enquête sociale et de santé 1998, approximativement 20% de la population québécoise de 15 ans et plus se classe dans la catégorie élevée de l’indice de détresse psychologique. Un peu plus d'un jeune québécois sur quatre, âgé de 15 à 24 ans (28%), se situe dans la catégorie élevée alors que cette proportion tombe à un sur dix (11%) chez les personnes de 65 ans et plus. De façon significative, les jeunes se distinguent de tous les autres groupes d’âge avec une proportion plus importante à la catégorie élevée de l’indice. (ISQ, 1998)
 

MAIN D’ŒUVRE INFANTILE

Plusieurs adolescents ont un travail rémunéré : 25% à 13 ans et 34% à 16 ans. Parmi ceux qui travaillent, 26% le font 16 heures ou plus par semaine. (ISQ, 1999)
Les travailleurs de 15 à 24 ans sont davantage exposés à des caractéristiques générales liées à l’emploi et à des conditions de travail défavorables (emploi temporaire, travail à temps partiel, faible syndicalisation, petite entreprise, profession manuelle, horaires irréguliers, travail répétitif des mains et des bras, manipulation de charges lourdes) par rapport aux autres groupes d’âge. (ISQ, 1998)
 

PAUVRETÉ

Taux de pauvreté pour toutes les personnes et chez les enfants de moins de 18 ans, Québec, 1980-1999 (CSW, 1999)
 
 
Taux de pauvretépour l’ensemble des personnes(%)
Taux de pauvreté chez les enfants(%)
1980
19.3
19.4
1981
19.3
19.9
1982
19.8
21.0
1983
20.5
21.1
1984
21.7
24.0
1985
20.4
21.1
1986
20.0
19.7
1987
19.7
20.8
1988
19.7
18.9
1989
16.3
16.3
1990
19.2
19.5
1991
19.4
20.3
1992
19.0
19.3
1993
20.8
21.3
1994
20.5
19.9
1995
21.3
22.6
1996
22.6
23.3
1997
22.9
24.7
1998
22.1
24.0
1999
19.5
21.6
   
Proportion d’enfants et d’adolescents issus de ménages au revenu relatif faible ou très faible (ISQ, 1999)
 
Âge
Proportion
9 ans
20%
13 ans
18%
16 ans
13%
En 1996, au Québec, la proportion de familles à faible revenu était de 22,1%. Cette proportion était de 12,6% chez les familles biparentales et de 60,0% chez les familles monoparentales dirigées par une femme. Plus de 55% des familles à faible revenu étaient des familles monoparentales. (ISQ, 1999)
Plus de 85 000 familles québécoises monoparentales doivent actuellement compter sur l’aide de dernier recours et 63,98% des enfants de moins de 6 ans inscrits à l’aide de dernier recours vivent dans un tel type de famille. (MSS, 1998)
Proportion d’enfants et d’adolescents pour lesquels il y a présence d’insécurité alimentaire au foyer (ISQ, 1999)
 
Âge
Proportion
9 ans
13%
13 ans
11%
16 ans
13%
Un million de petits déjeuners ont été servis à 6000 enfants chaque matin, durant l’année scolaire 2000-2001 à travers la province de Québec. (Club des petits déjeuners du Québec, 2001)
 

VIOLENCE


Près des deux tiers des enfants de 9 ans déclarent avoir été victimes de violence à l’école ou sur le chemin de l’école depuis septembre. On estime qu’un jeune sur dix, à 9 ans, a été victime de taxage au cours de la même période. (ISQ, 1999)
Un adolescent sur cinq a certains problèmes de comportement (par exemple, faire mal volontairement à quelqu’un, commettre des vols ou faire du vandalisme). Les adolescents qui ont des problèmes de comportement ou qui portent une arme sont plus souvent ceux qui sont victime de violence à l’école. (ISQ, 1999)
Proportion des enfants et d’adolescents qui portent une arme (période de 6 mois) (ISQ, 1999)
 
Âge
Garçons
Filles
13 ans
17%
4%
16 ans
20%
4%
 

DROITS DES ENFANTS

Chaque année, quelques centaines d’adolescents et d’adolescentes sont confiés à ces centres de réadaptation en raison de difficultés d’intégration sociale, familiale et scolaire majeurs et non en raison de délits. Dans certaines régions du Québec, des dizaines d’entre eux sont soumis à des conditions de vie qui vont à l’encontre de leurs droits fondamentaux pour des périodes allant de quelques jours à quelques semaines ou quelques mois. (Commission Clair, 2000)
Un nombre croissant d’enfants et d’adolescents aux prises avec des problèmes de santé mentale est détecté à chaque année. Toutefois les équipes multidisciplinaires en mesure de les aider adéquatement n’existent tout simplement pas, si ce n’est en quelques endroits exceptionnels. (Commission Clair, 2000)
Le soutien aux enfants placés en ressource de type familial se situe généralement en deçà des normes prescrites par la loi et les règlements en vigueur. (Commission Clair, 2000)
 

ENFANTS AYANT DES BESOINS PARTICULIERS

En 1998, 15% de la population québécoise vivant en ménage privé présente une incapacité. La hausse du taux d’incapacité dans la population québécoise vivant à domicile est un des faits marquants de cette enquête. Le taux d’incapacité est passé de 10% en 1986 à 12% en 1991, pour atteindre 15% en 1998. Cette hausse s’observe tant chez les enfants que chez les adultes. Chez les enfants, elle est principalement attribuable à une hausse des troubles d’apprentissage et des troubles émotifs ou de comportement. (ISQ, 1998)
Chez les personnes ayant une incapacité en 1998, environ une personne sur dix (11%) a moins de 15 ans, une sur trois (31%) est âgée de 65 ans et plus, tandis que la majorité (58%) est âgée de 15 à 64 ans. (ISQ, 1998)
On peut estimer le nombre de familles ayant un enfant handicapé par le nombre de familles qui reçoivent des allocations pour enfant handicapé de la Régie des rentes du Québec. Un peu plus de 21 000 familles reçoivent ces allocations, ce qui représente 1,7% des familles. (ISQ, 1999)
L’EQLA révèle que 9% des enfants québécois présentent une incapacité en 1998. Le taux d’incapacité est plus élevé chez les enfants d’âge scolaire (11% chez les 5-14 ans) que chez les enfants de 0-4 ans (4,4%), et chez les garçons que chez les filles (11% contre 7%). Les troubles les plus prévalents chez les enfants en 1998 sont les troubles émotifs ou de comportement ou la déficience intellectuelle regroupés (3,1%), et les troubles d’apprentissage (2,6%). Ces troubles sont plus fréquents chez les enfants d’âge scolaire et chez les garçons et sont souvent interreliés. Les autres types d’incapacité présents chez les enfants sont les troubles de la vue (0,8%), de l’audition (0,7%), de la parole (1,5%), les problèmes de santé physique chroniques (1,8%) et les autres troubles (1,6%).
(ISQ, 1998)
Un des faits saillants de l’enquête est la hausse du taux d’incapacité chez les enfants entre 1986, 1991 et 1998 (de 4,8% à 5,6% et à 8,6%). Cette hausse s’observe chez les enfants d’âge scolaire et s’explique surtout par une augmentation des troubles d’apprentissage – qui sont passés de 0,9% à 2,6% entre 1986 et 1998 – et des troubles émotifs ou de comportement – qui sont passés de 0,6% à 2,3% entre 1991 et 1998. (ISQ, 1998)
Au Québec, les enfants de 0-14 ans constituent 11% de la population ayant une incapacité. Si cette proportion n’a pas changé de façon significative depuis 1986, le nombre d’enfants est passé d’environ 63 700 en 1986, à 76 500 en 1991 et à 116 300 en 1998. 123 300 ménages privés comptent au moins un enfant (de moins de 18 ans) ayant une incapacité. Ces ménages vivent des conditions socioéconomiques défavorables par rapport aux autres ménages avec enfants. Ce sont plus souvent des familles monoparentales (28% contre 19%) et leur revenu est plus faible. (ISQ, 1998)
À 15-34 ans, 21% des personnes ayant une incapacité vivent dans un ménage de niveau pauvre, contre 12% des personnes sans incapacité. (ISQ, 1998)
Plus du tiers (34%) des enfants ayant une incapacité ont occasionné des dépenses à leur famille en raison de leur incapacité. Pour moins du tiers (30%) de ces enfants, ces dépenses ont été complètement remboursées par une assurance ou un programme gouvernemental.
Principaux postes de dépenses non remboursées pour les enfants ayant une incapacité (ISQ, 1998):
 
Les médicaments prescrits
49%
Les frais de déplacement
25%
Les soins de santé
23%
L’achat et l’entretien des aides techniques ou des accessoires spécialisés
18%
Le matériel jetable après usage
12%
Les services d’aide à domicile
12%
Seule une faible proportion des personnes avec incapacité (14%) reçoivent des prestations, une pension ou de l’aide financière du gouvernement en raison de leur état. Et c’est moins du dixième (8%) qui profite des crédits d’impôt pour personnes handicapées. De plus, seulement 15% des personnes de 15 ans et plus reçoivent un remboursement complet, parmi celles qui ont des dépenses reliées à leur incapacité (40%). (ISQ, 1998)
L’incapacité a des conséquences sur la fréquentation scolaire d’environ le tiers des enfants (34%) ayant une incapacité. C’est le cas de plus de la moitié des enfants ayant des troubles émotifs ou de comportement ou une déficience intellectuelle et de ceux qui présentent des troubles d’apprentissage (respectivement 50% et 68%). Parmi ces conséquences figure le retard scolaire qui, selon l’enquête, touche 25% des enfants avec incapacité; de plus, 16% des enfants doivent fréquenter une école hors de leur quartier en raison de leur incapacité. (ISQ, 1998)
L’enquête révèle que 22% des enfants avec incapacité utilisent un service de garde en 1998, dont 45% des enfants de 0-4 ans. Ces taux d’utilisation sont nettement moins élevés que ceux de l’ensemble de la population québécoise, ce qui suggère l’existence d’obstacles à l’accessibilité des services de garde pour les enfants avec incapacité. (ISQ, 1998)
 

DISCRIMINATION

Près de 10% de la population québécoise est immigrante en 1996.
(ISQ, 2001)
Les données du recensement de 1996 montrent que les jeunes immigrés appartenant aux minorités visibles vivent des difficultés sérieuses d’insertion en emploi. Leur profil de scolarité est bipolaire; en effet, ils sont surreprésentés parmi les jeunes de 15-29 ans n’ayant pas dépassé le secondaire qui ne sont pas aux études (51% contre 46% pour l’ensemble) et parmi ceux ayant une formation universitaire (24% contre 17%). Lorsque l’on examine leur situation sur le marché du travail, à scolarité égale, ils affichent des taux d’activité nettement plus faibles que ceux de l’ensemble des jeunes québécois de 15-29 ans et des jeunes immigrés. Cette activité plus faible se combine à un chômage plus levé, encore ici quelle que soit la scolarité. (ISQ, 2001)
A la fin de l’an 2000, le Québec comptait 77 788 Amérindiens et Inuits, ce qui représente 1% de la population totale. (MSSSQ, 2001)
Selon Statistique Canada et le Bureau de la statistique du Québec, le revenu moyen des ménages autochtones est de 20 % inférieur à celui des ménages québécois, alors que les ménages autochtones comptent presque deux fois plus d'individus; les revenus d'emploi représentent 77 % du revenu des ménages québécois, alors que cette proportion n'est que de 42 % chez les Autochtones. Les Autochtones sont beaucoup moins nombreux à atteindre les niveaux d'enseignement secondaire et post-secondaire. Plus de 40 % des Autochtones n'ont pas atteint le troisième secondaire, alors que cette proportion est de 20 % pour l'ensemble des Québécois. Par ailleurs, la population autochtone est très jeune, plus jeune que celle du Québec dans son ensemble. Les moins de 14 ans représentent 20 % de la population totale du Québec et 30 % de la population autochtone. (SAAQ, 1998)
 

ÉDUCATION

La proportion d’élèves en difficulté de comportement à l’école primaire a triplé dans les écoles québécoises au cours des 15 dernières années pour atteindre 2,5% en 1999-2000. (Conseil supérieur de l’éducation, 2001)
En 1985-1986, 72% des jeunes ont obtenu leur diplôme d’études secondaires; selon les estimations du ministère de l’Éducation du Québec, seulement les 2/3 des jeunes l’ont eu en 1996-1997. Parmi ces jeunes, on compte 72% de filles et 61% de garçons. La proportion des élèves qui redoublent, tant au primaire qu’au secondaire, a été de 6% en 1996-1997. Ce sont surtout les garçons qui connaissent cette difficulté de parcours et particulièrement au secondaire, où 10% d’entre eux ont redoublé une classe en 1996-1997. (ISQ, 1999)
La proportion des élèves qui redoublent au secondaire est bien supérieure à celle des élèves qui redoublent au primaire. En 1996-1997, plus de 15% des élèves ont repris leur 1 ère secondaire. (ISQ, 1999)
En 1999, 10,4% des personnes de 17 ans n’avaient pas de diplôme du secondaire, ni ne fréquentaient l’école. (MEQ, 1999)
Plus d’un garçon sur trois ne terminera pas ses études secondaires avec un diplôme, de même qu’une fille sur quatre. (MEQ, 1999)
Taux d’obtention d’un diplôme du secondaire, Québec, 1975-1976 à 1999-2000 (MEQ, 2001)
 
1975-1976
1980-1981
1985-1986
1990-1991
1995-1996
1996-1997
1997-1998
1998-1999
1999-2000
 
%
Total
57,0
68,0
79,2
76,7
88,1
83,3
81,1
83,5
83,5
Avant 20 ans
53,6
61,9
72,3
65,6
73,5
70,0
69,5
71,9
71,3
20 ans ou plus
3,5
6,1
6,8
11,2
14,6
13,2
11,6
11,5
12,1
Hommes
51,2
64,2
73,1
68,2
81,5
77,7
74,0
76,8
76,8
Avant 20 ans
48,2
58,5
67,1
59,1
67,1
64,4
62,0
65,1
64,1
20 ans ou plus
3,0
5,8
6,0
9,1
14,4
13,3
12,1
11,7
12,7
Femmes
63,1
71,9
85,6
85,6
95,1
89,2
88,6
90,5
90,4
Avant 20 ans
59,1
65,5
77,9
72,4
80,3
76,0
77,4
79,2
78,9
20 ans ou plus
4,0
6,4
7,6
13,2
14,8
13,2
11,3
11,5
11,1
1. Tous les diplômes du secteur des jeunes sont comptés indépendamment de l’âge.
Source : Ministère de l’Éducation du Québec, Direction des statistiques et des études quantitatives.
2. La note de passage entre les classes du secondaire a été augmentée de 50 à 60 sur 100 pour les élèves qui entraient en 1ère année secondaire en 1982-1983. Les élèves qui obtenaient leur diplôme en 1985-1986 faisaient partie de la dernière cohorte d’élèves soumis à la note de passage de 50 sur 100.
Taux de décrochage selon l’âge et le sexe, Québec, 1981-1999
(MEQ, 2001)
Âge et sexe
1981
1986
1991
1996
1997
1998
1999
%
17 ans
22,6
15,6
15,1
8,9
10,4
10,6
10,4
Hommes
24,1
17,9
17,3
10,8
12,8
12,9
13,3
Femmes
21,0
13,3
12,8
6,8
7,8
8,1
7,2
18 ans
31,0
21,0
20,7
15,6
15,0
16,7
16,5
Hommes
33,6
24,4
24,1
19,2
18,5
20,7
20,4
Femmes
28,3
17,5
17,2
11,9
11,2
12,5
12,4
19 ans
34,7
24,3
25,5
18,8
18,5
18,1
19,8
Hommes
37,7
28,7
29,8
22,7
22,8
22,3
24,6
Femmes
31,4
19,6
21,0
14,7
14,0
13,6
14,7
20-24 ans
n.d.
28,9
25,6
24,2
23,1
22,3
21,6
Hommes
n.d.
31,9
30,1
29,0
27,9
27,1
26,4
Femmes
n.d.
25,7
20,8
19,1
18,0
17,2
16,5

Source: Ministère de l’Éducation du Québec, Direction des statistiques et des études quantitatives.

La proportion de Québécois, tous âges confondus, ne possédant pas de diplôme d’études secondaires était de 16,5% en l’an 2000, soit le même taux qu’en 1991. (Forum, Université de Montréal, octobre 2001)
Les taux de décrochage atteignent 36,6% en moyenne dans les écoles accueillant le plus d’élèves issus de milieux défavorisés au Québec. (Ministre d’État à l’Éducation et à l’Emploi du Québec, cité dans le journal Metro, 14 mai 2002)
Un étudiant sur deux en milieux défavorisés, à la fin de l'élémentaire, a connu l'échec et est en retard dans sa scolarité. Dans les milieux favorisés, l'abandon scolaire est inférieur à 1%.
(Collège de Sherbrooke, 2001)
Dans la seule région de Montréal, dans les polyvalentes défavorisées, 4 garçons sur 5 ne terminent pas leur secondaire. Dans cette même région, les garçons représentent 55% des décrocheurs contre 45% pour les filles. (Collège de Sherbrooke, 2001)
À la Commission scolaire de Montréal, à peine 45% des étudiants obtiennent leur diplôme en cinq ans. En 1989, ce taux était de… 45%.
(La Presse, 21 avril 2002)
En 1998-1999, la proportion de jeunes québécois et Québécoises qui ont obtenu un premier diplôme d’études collégiales (DEC) était de 39,3%. Cette proportion était de 21,0% en 1975-1976 et de 42,9% en 1992-1993. (ISQ, 2001)
Chez les jeunes âgés de 18 ans et qui ne sont plus aux études, le taux de sans-diplôme est de 39% chez les garçons et de 24,5% chez les filles. (Forum, Université de Montréal, octobre 2001)
25% des personnes âgées de plus de 55 ans sont analphabètes. 14% des personnes âgées de moins de 35 ans sont des analphabètes fonctionnels, c'est-à-dire qui lisent difficilement le journal ou le nom des rues. (Collège de Sherbrooke, 2001)
 

ENVIRONNEMENT FAMILIAL

Statistiques démographiques pour le Québec – État matrimonial légal - Recensements de 2001 (Statistique Canada)
État matrimonial légal
Total
Sexe masculin
Sexe féminin
Total - Population de 15 ans et plus
5,945,900
2,873,775
3,072,130
Célibataire
2,421,290
1,270,285
1,151,005
Marié(e)
2,393,630
1,197,155
1,196,475
Séparé(e)
139,195
63,545
75,645
Divorcé(e)
595,170
268,670
326,500
Veuf(ve)
396,625
74,120
322,510
Familles de recensement dans les ménages privés selon la structure familiale, Québec, Recensements de 1991, 1996 et de 2001
(Statistique Canada)
QUÉBEC
1991
1996
2001
Total des familles
1,883,135
100%
1,949,975
100%
2,019,555
100%
Familles époux-épouse
1,614,285
85.7%
1,640,535
84.1%
1,683,960
83.4%
Couples mariés
1,308,365
69.5%
1,240,270
63.6%
1,175,440
58.2%
Couples en union libre
305,920
16.2%
400,270
20.5%
508,520
25.2%
Familles monoparentales
268,850
14.3%
309,435
15.9%
335,595
16.6%
Parent de sexe masculin
47,645
2.5%
56,920
2.9%
68,025
3.4%
Parent de sexe féminin
221,205
11.7%
252,515
12.9%
267,565
13.2%
 
Proportion d’enfants dans les familles monoparentales, Québec, 1961-1996 (Statistique Canada, Recensement 1996)
Âge
1961
1966
1971
1976
1981
1986
1991
1996
 
%
Famille monoparentale
7,9

8,0

11,1

12,1

15,1

17,7

18,4
20,2
0-5

2,2

2,5

5,7

5,5

8,1

11,1

11,8
13,8
6-14

5,1

5,2

8,7
9,9
12,9

15,2

16,5
18,7
15-17

..

..

..

12,6

16,3
18,8
19,4
21,5
15-18

10,0

9,5

12,0

..

..

..

..
..
18-24
..
..
..

15,0

17,7
20,0

20,2

21,3

19-25
15,1
14,0
15,3
..
..

..

..

..

25 et plus
43,2
43,4
41,6

40,8

42,0

40,5

39,8

40,1

Source: Statistique Canada, Recensements du Canada.
15 juillet 1999
   
Les régions de Montréal (23%) et de la Montérégie (18%) regroupent 41% de l’ensemble des familles du Québec. Le nombre de mariages a diminué de plus de 50% au Québec entre 1976 et 1996 alors que la baisse n’a été que de 5% en Ontario. Au Québec, on compte le quart des divorces au Canada, ce qui représente le même poids que la population; En 1996, la très grande majorité des familles (84%) sont constituées de couples, soit 64% de couples mariés et 20% de couples en union libre. Les familles monoparentales représentent 16% de l’ensemble des familles. La région de Montréal se distingue par sa forte proportion de familles monoparentales (20%), mais aussi par sa faible proportion de couples en union libre (16%). (ISQ, 1999)
Statut des ménages avec enfant(s) (La Presse, 09/11/02)
 
Couples mariés 54%
Couples en union libre 21%
Familles monoparentales 25%
Le Québec se distingue des autres provinces par sa forte proportion de couples en union libre (20,5%) et, dans une moindre mesure, par l’importance relative des familles monoparentales (15,9%). (ISQ, 1999)
Depuis 1995, plus de la moitié des naissances sont issues de parents non mariés (union libre). La proportion est de 57% en 1999, en regard de 41% en 1991 et de 30% en 1987. (ISQ, 2001)
93% des femmes de 15 à 19 ans ayant eu un enfant ne sont pas mariées légalement. (Statistique Canada, Recensement de 1996)
Parmi les enfants de 0 à 17 ans vivant dans une famille en 1996, 82% sont dans une famille biparentale,15% vivent seulement avec leur mère et 3% seulement avec leur père. (ISQ, 1999)
71% à 69% des jeunes qui avaient 9 ans, 13 ans ou 16 ans au 31 mars 1999 vivent avec leurs deux parents, 15% à 18% (selon le groupe d’âge) vivent avec un parent seul, 12 à 13% vivent avec un parent et un beau-parent, et de 0.4% à 0.8% vivent sans parent. Parmi ceux qui ne vivent pas avec leurs deux parents, 76% à 82% sont sous la garde de leur mère. (ISQ, 1999)
Nombre de divorces et indice synthétique de divortialité, Québec, 1969-1998 (ISQ, 2001)
 
Année
Divorces
Indice synthétique
 
N
pour 100 mariages
1969
2 947
8,8
1970
4 865
14,0
1971
5 203
14,6
1972
6 4226
17,5
1973
8 091
21,5
1974
12 272
32,1
1975
14 093
36,1
1976
15 186
37,8
1977
14 501
35,2
1978
14 865
35,1
1979
14 379
33,2
1980
13 899
31,7
1981
19 193
43,5
1982
18 579
40,8
1983
17 365
39,3
1984
16 845
37,9
1985
15 814
35,8
1986
19 026
43,5
1987
22 098
51,2
1988
20 340
47,8
1989
19 829
47,3
1990
20 474
49,6
1991
20 277
49,6
1992
19 695
49,2
1993
19 662
50,2
1994
18 224
47,5
1995
20 133
54,0
1996
18 078
49,0
1997
17 478
48,7
1998
16 916
48,9
L’indice de 1998, soit 48,9%, révèle qu’environ la moitié des mariages se termineraient par un divorce. L’indice oscille autour de 50% depuis une dizaine d’années. Cet indice ne rend compte que des ruptures des couples mariés : le nombre total des ruptures d’union serait encore plus élevé si l’on tenait compte des ruptures chez les couples vivant en union libre. Les démographes estiment par ailleurs qu’au Québec, la probabilité que les couples en union libre connaissent la rupture de leur union est deux fois et demie plus élevée que celle des couples mariés! (ISQ, 2001)
L’effectif par âge des enfants touchés par les divorces en 2000 ; la majorité (64%) sont âgés de 5 à 14 ans, 12% ont de 0 à 4 ans, et 24% ont 15 ans et plus. (ISQ, 2002)
Ces dernières années, environ un mariage sur cinq est un remariage de divorcé ou de divorcée. Le nombre de divorces ne bouge pas beaucoup depuis 1986; il oscille entre 18 000 et 20 000 annuellement. (ISQ, 1999)
Près d’un Québécois sur deux, âgé de 18 ans et plus, déclare avoir vécu un événement traumatisant ou plus au cours de son enfance ou de son adolescence et un sur dix en a vécu trois et plus. (ISQ, 1998)
Selon l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ), à leur 10e anniversaire, 29% des enfants nés en 1983-1984 ont connu la monoparentalité ou la séparation de leurs parents. À leur 5e anniversaire, il y avait déjà 17% de ces jeunes dans cette situation. Chez les enfants nés plus récemment, en 1987-1988, les proportions augmentent à 21% au 5e anniversaire. Il faut noter que ces enfants ne sont pas nécessairement en famille monoparentale, mais peuvent être en famille recomposée. (ISQ, 1999)
Le facteur principal qui conduit à la monoparentalité a changé au cours des dernières décennies. En 1971, le veuvage (53% en 1971 et 21% en 1996) expliquait principalement la monoparentalité. En 1996, c’est davantage le divorce (6% en 1971 et 37% en 1996). (ISQ, 1999)
Dans l’ensemble, l’enquête révèle une proportion d’environ 24% de parents ayant au moins un enfant mineur et qui sont séparés ou divorcés de l’autre parent de cet enfant. (ISQ, 1998)
Les juges ont émis des ordonnances de garde pour près de 15 300 enfants dont les parents ont divorcé en 2000 au Québec. Comme on compte 1,6 million d’enfants de moins de 18 ans, on peut estimer que le divorce des parents a touché près d’un enfant sur 100 en 2000.
(ISQ, 2002)
Distribution des familles québécoises avec des enfants de moins de 5 ans, selon l’organisation du ménage. (ISQ, 2001)
 
Organisation du ménage
Estimation%
Famille monoparentale
13,2
Couple avec enfant (s) nés de l’union actuelle
79,5
Couple avec enfant (s) nés de l’union actuelle et de l’union précédente
6,3
Couple avec enfant (s) nés de l’union précédente et sans enfants de l’union actuelle
1,1
Ce tableau suivant indique clairement que la famille constituée d’un couple avec enfants issus de l’union actuelle représente, et de loin, la situation la plus courante avec une proportion estimée à 79,5%. On notera, de plus, que les familles monoparentales comptent pour plus de 10% (13,2%) des familles québécoises ayant des enfants âgés de moins de 5 ans au 30 septembre 2000.
Au début des années 60,2% des enfants de 0-5 ans et 10% des 15-18 ans vivaient dans une famille monoparentale. Au début des années 80, ce sont 8% des jeunes enfants et 16% des jeunes de 15-17 ans qui sont dans cette situation. En 1996, la proportion est de 14% chez les jeunes de 0-5 ans et de 22% chez les 15-17 ans. En fait, ces statistiques sous-estiment la proportion de jeunes qui vivent avec un seul de leurs parents, puisque les enfants des familles recomposées sont inclus dans les familles biparentales. (ISQ, 2001)
Selon l’enquête de 1998, 7 familles avec enfants sur 10 sont des familles intactes, une sur 10 est recomposée et 2 sur 10 sont monoparentales. La plupart (75%) des familles recomposées n’ont pas d’enfants communs. Dans le cas d’une rupture, les enfants restent le plus souvent avec leur mère. Dans 8 cas de familles recomposées sur 10, il y a une mère et un beau-père. Les familles intactes forment la plupart des familles avec enfants où il y a un couple, soit près de 90%. (ISQ, 2001)
11% des familles dont le plus jeune enfant a de 6 à 17 ans sont des familles recomposées et 21% des familles monoparentales en regard de 5% et 13% respectivement quand le plus jeune enfant a moins de 6 ans. (ISQ, 1999)
Parmi les enfants qui vivent avec un seul de leurs parents (21,5% des enfants), près de 8 sur 10 vivent avec leur mère. Un peu plus de la moitié des enfants demeurant avec un seul de leurs parents vivent également avec son nouveau conjoint. Il y a donc plus d’enfants en famille recomposée qu’en famille monoparentale quand on isole les adolescents en garde partagée. (ISQ, 1998)
Selon les données de l’ÉLDEQ, 53% des enfants dont les parents vivaient ensemble à leur naissance sont nés dans le cadre d’une union libre. Or, à 2 ½ ans, la fraction d’enfants ayant connu la rupture de leurs parents varie déjà de façon importante, selon qu’ils sont nés dans le cadre d’un mariage direct (3,4%), d’un mariage précédé d’une union libre (7%) ou d’une union libre (16%). (ISQ, 1998)
Parmi les enfants âgés d’environ 29 mois dont les parents vivaient ensemble à leur naissance, pourcentage dont les parents se sont séparés, selon la nature de l'union, Québec, 1998 et 2000 (ISQ, 2002)
 
Nature de l'union des parents
Les parents se sont séparés depuis la naissance
 
%
n
Mariage direct (sans union libre avant)
3,4 **
352
Mariage précédé d'une union libre
6,8 *
509
Union libre
15,7
955
Ensemble
10,8
1 816
x2
p< 0,001
 
* Coefficient de variation entre 15% et 25%; interpréter avec prudence.
** Coefficient de variation supérieur à 25%; estimation imprécise fournie à titre indicatif seulement.
Source : Institut de la statistique du Québec, ÉLDEQ 1998-2002.
Au Québec, ces dernières années, on estime que les modalités de garde sont établies par un tribunal dans le cas de 58% des enfants.
(Marcil-Gratton et Le Bourdais, 1999)
· Lors des jugements de divorces de 1996, 71% des enfants sont confiés à la garde de la mère, 15% à celle du père et seulement 13% des enfants sont soumis à une garde partagée. En 1986, la garde partagée n’était retenue que dans 6% des cas. (ISQ, 1999)
Modalités de garde de tous les enfants mineurs des parents séparés de l’autre parent de leur(s) enfant(s) mineur(s) selon le sexe, Québec, 1998
 
 
Mères
Pères
Total
 
%
Ne voit jamais ses enfants
0,7**
5,5*
2,8*
Droit de visite et/ou de sortie prolongée
4,4*
41,2
20,4
Garde partagée
12,8
15,9
14,1
Garde exclusive
66,8
12,8
43,5
Autre mode de garde
15,4
24,6
19,4

* Coefficient de variation entre 15% et 25%; interpréter avec prudence.
** Coefficient de variation > 25%; estimation imprécise fournie à titre indicatif seulement.
Source: Institut de la statistique du Québec, Enquête sociale et de santé 1998.

2,8% des parents séparés déclarent ne jamais voir leurs enfants; cette proportion est cependant plus élevée chez les pères que chez les mères séparés (5,5% contre 0,7%). (ISQ, 1998)
Selon les données de l’ELNEJ (Cycle 1), 85% des enfants québécois âgés de moins de 12 ans demeurent avec leur mère après la séparation des parents. (ISQ, 2001)
Lors des divorces prononcés en 2000, la mère obtient la garde de 63% des enfants, le père de 14% des enfants, et 23% des enfants connaissent une garde partagée. Ce mode de garde est beaucoup plus populaire depuis quelques années : il a doublé depuis 1995 alors qu’il était de 11% ; en 1990, la proportion de garde partagée était de 7%. La proportion de garde maternelle exclusive diminue beaucoup, de 77% en 1990 à 74% en 1995 et à 63% en 2000. Il faut mentionner que la garde partagée n’est pas nécessairement synonyme de répartition égale du temps ; selon des données pour l’ensemble du Canada de l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ), l’enfant en garde partagée habite assez souvent surtout chez sa mère. La proportion des pères qui obtiennent la garde exclusive des enfants diminue légèrement ; elle s’élève à 14% en 2000, en comparaison de 15% en 1995 et de 16% en 1990. L’attribution de la garde varie beaucoup en fonction de l’âge des enfants. En 2000, la mère obtient la garde de 72% des enfants de moins de 5 ans, et de 57% des adolescents de 15 ans et plus, tandis que le père se voit confier la garde de 6% des enfants de moins de 5 ans et de 27% des adolescents de 15 ans et plus. L’âge moyen des enfants confiés au père est de 13,3 ans en regard de 10,5 ans pour ceux qui demeurent avec la mère. La garde physique partagée était beaucoup moins fréquente au Québec que dans les autres provinces : les tribunaux du Québec ordonnent la garde partagée pour seulement 5,5% des enfants en comparaison de 16,9% dans les provinces de l’Atlantique, de 15,9% en Ontario et de 11,3% en Colombie-Britannique. (ISQ, 2002)
Une fraction nettement plus élevée (26%) des enfants nés dans les ménages à très faible revenu ont déjà été témoins, à l’âge de 2 ½ ans, de la séparation de leurs parents. (ISQ, 2002)
De 13% à 20% des enfants et des adolescents vivent dans un milieu familial ne pouvant compter que sur un revenu faible. Un peu plus de 10% sont touchés par l’insécurité alimentaire. (ISQ, 1999)
Les enfants qui proviennent de familles désunies ou reconstituées, à faible revenu ou en dépendance économique, où il y a plusieurs enfants, et dont les parents sont peu scolarisés, ont plus de risques d’abandonner l’école. (Janosz et al., 1997)
21% des parents en famille monoparentale déclarent souffrir d’insécurité alimentaire, ils se différencient nettement des autres parents. En effet, au moins 90% des parents de chacune des autres catégories de famille n’éprouvent pas cette difficulté. Toutefois, cette relation subsiste uniquement chez les mères de famille monoparentale : près d’une sur quatre (24%) souffre d’insécurité alimentaire comparativement à 8% des pères en famille monoparentale. (ISQ, 1998)
2000 jeunes (âgés entre 12 et 30 ans) ont eu recours à un service de maison d’hébergement jeunesse au cours de la dernière année (pour une période pouvant varier de six jours à six mois) à cause de ruptures familiales.
(Regroupement des Maisons d’Hébergement Jeunesse du Québec, 2001)
Ainsi, au 10 e anniversaire des enfants nés en 1983-1984, près de 3 sur 10 ont connu le fait de vivre dans une famille monoparentale ou la séparation de leurs parents. Au 5 e anniversaire, la proportion était déjà de 17%. Chez les enfants nés en 1987-1988, que l’on peut suivre jusqu’au 6e anniversaire, la proportion est encore plus élevée; au 5 e anniversaire, 21% ont vécu dans une situation de monoparentalité ou la séparation de leurs parents. (ISQ, 2001)
 

POLITIQUES FAMILIALES ET SERVICES À L’ENFANCE

70% des familles québécoises sont des familles à deux revenus. (CFE, 2002)
Le taux d’activité des mères dont le plus jeune enfant a moins de 3 ans est de 66,5% en 2000. (Statistique Canada, 2001)
Près des deux tiers (64,8%) des familles avec des enfants âgés de moins de 5 ans au 30 septembre 2000 utilisent les services de garde sur une base régulière, c’est-à-dire de façon prévisible selon une fréquence fixe. (ISQ, 2001)
Près de 60% (58,7%) des enfants âgés de moins de 5 ans se font garder sur une base régulière en raison du travail ou des études des parents. Lorsqu’il est question de garde régulière, en raison du travail ou des études des parents, les enfants sont principalement gardés le jour entier; c’est le cas de 91,4% d’entre eux. (ISQ, 2001)
De 55,000 à 60,000 enfants sont sur des listes d’attente pour des services de garde publiques au Québec. (The West-Island Chronicle, 29 mai 2002)
Environ 4% des adolescents de 13 ans et 39% de ceux de 16 ans ont déjà eu une relation sexuelle. 15% des garçons et 18% des filles de 16 ans ne sont pas protégés contre les maladies transmises sexuellement lors de ces relations. (ISQ, 1999)
 

LES ENFANTS ET LA LOI

Le nombre de jeunes en difficulté ne cesse de croître depuis trois ans; on constate une augmentation de signalements de 11% à travers le Québec. (ACJQ, 2002)
Problématiques vécues par les jeunes en protection de la jeunesse
(ACJQ, 2002)
:
53% sont négligés
32% vivent des troubles de comportement
8% sont victimes d'abus physiques
5% sont victimes d'abus sexuels
2% sont abandonnés par leurs parents
Jeunes et adultes accusés d'infractions selon le type d'infraction, provinces et territoires (Statistique Canada)
Québec
2001
 
Adultes et jeunes accusés d'infractions
Jeunes accusés d'infractions
Adultes accusés d'infractions
 
taux pour 100 000 habitants
Ensemble des infractions
4 074,6
2 355,7
1 718,9
Infractions au Code criminel (excluant les infractions aux règlements de la circulation)
3 131,5
1 919,9
1 211,6
Crimes de violence
952,0
562,5
389,5
  Homicide
1,9
0,4
1,5
  Tentative de meurtre
5,6
2,6
3,0
  Voies de fait (niveaux 1 à 31)
696,9
399,5
297,4
  Agression sexuelle
49,3
31,5
17,8
  Autres infractions d'ordre sexuel
10,3
6,7
3,6
  Vol qualifié
121,0
92,4
28,7
  Autres crimes de violence2
67,1
29,6
37,5
Crimes contre la propriété
1 265,0
861,1
403,8
  Introduction par effraction
333,7
258,4
75,3
  Vol de véhicules à moteur
145,6
109,8
35,9
  Vol de plus de 5 000 $
15,6
7,4
8,1
  Vol de 5 000 $ et moins
562,3
386,1
176,2
  Possession de biens volés
83,1
54,2
28,9
  Fraudes
124,6
44,4
80,2
Autres infractions au Code criminel
914,5
496,3
418,3
Infractions au Code criminel (infractions aux règlements de la circulation)
315,7
0,0
315,7
Conduite avec facultés affaiblies
291,2
0,0
291,2
Autres infractions aux règlements de la circulation3
24,5
0,0
24,5
Infractions aux lois fédérales
627,3
435,7
191,6
Drogues
587,8
415,6
172,2
Autres infractions aux lois fédérales
39,6
20,2
19,4

1. Le premier niveau d'agression (voies de fait) constitue une infraction commise par une personne qui applique intentionnellement de la force sans le consentement du plaignant, tente ou menace d'employer la force contre une personne, et porte une arme (ou une imitation d'arme) et aborde ou importune une personne. Le deuxième niveau d'agression (agressions armées ou entraînant des lésions corporelles) est une infraction commise par une personne qui utilise ou menace d’utiliser une arme (ou une imitation d’arme) ou encore qui inflige des lésions corporelles. Quant au troisième niveau d'agression (voies de fait graves), il s'agit d'une infraction commise par quiconque blesse, mutile ou défigure le plaignant ou met sa vie en danger.

2. Comprend les inflictions illégales de lésions corporelles, les décharges d'armes à feu intentionnelles, les enlèvements, les voies de fait contre un officier de police, les voies de fait contre un autre agent de la paix ou un fonctionnaire public ainsi que les autres voies de fait.

3. Comprend la conduite dangereuse d'un véhicule automobile, d'une embarcation, d'un bateau ou d'un aéronef, la conduite dangereuse d'un véhicule automobile, d'une embarcation, d'un bateau ou d'un aéronef causant des lésions corporelles ou causant la mort, la conduite d'un véhicule automobile pendant une interdiction de conduire ainsi que les délits de fuite.

Source : Statistique Canada, CANSIM II, tableau 252-0014.
Dernières modifications apportées le 16 juillet 2002.

 

ENFANTS DE LA RUE
Disparition d’enfants en 2000 (GRC, 2001)
 
Catégorie
Québec
Fugues
6 646
Enlèvement par un parent
87
Enlèvement par un étranger
15
Autres
1 552
Total
8 300
En 2001, Le Réseau Enfants Retour Canada a dénombré 3174 fugueuses et 3472 fugueurs au Québec. Les fugueurs sont de plus en plus jeunes, l’âge moyen passant de 16-17 ans à 14-15 ans.
(Journal de Montréal, 7 avril 2002)
Les jeunes de la rue sont de 4,000 à 5,000, à Montréal seulement. (Commission Clair, 2000)
Actuellement, 35 à 40 gangs de rue seraient actifs à Montréal, impliquant près de 2 000 jeunes. À partir des observations sur le terrain, on constate que ces gangs s'organisent principalement autour de deux groupes d'âge: les 11 à 15 ans et les 16 à 24 ans. (DSP Montréal-Centre, 1997)
Une étude menée auprès des groupes vivant dans le quartier Rosemont démontre que la majorité ont entre 15 et 17 ans. Une autre étude, menée auprès de 517 jeunes du centre-ville de Montréal, indique que 60% ont été expulsés de leur foyer, 40% se sont déjà injectés des drogues, plus du tiers ont été victimes d’abus sexuel, près du quart ont fait de la prostitution et plus du tiers ont essayé de se suicider… Le taux de mortalité chez les jeunes de ce groupe est 13 fois plus grand que chez les jeunes québécois du même âge. (Commission Clair, 2000)
 

SUICIDE

Ces dernières années, selon les données officielles, plus d’une centaine de jeunes de moins de 20 ans s’enlèvent la vie chaque année. Les garçons décèdent par suicide beaucoup plus souvent que les filles; en 1996, par exemple, il y a 94 suicides de garçons en regard de 21 suicides de filles. (ISQ, 1999)
Au Québec, le suicide est la première cause de mortalité chez les hommes de 15 à 39 ans, avec près de 4 décès sur 10. Pour les années 1993 à 1996, chez les hommes âgés entre 30 et 59 ans ainsi que chez les moins de 15 ans, le pourcentage de décès n'atteint pas 80%. Pour les autres groupes d'âge le pourcentage d'hommes s'enlevant la vie atteint ou dépasse le 80%. Chez les 20-29 ans et les 85 ans et plus, il excède 86%. Pour les années 1993, 1994, 1995 et 1996, le nombre de suicide chez les hommes de 20 à 50 ans (2886) représente 52% de tous les suicides au Québec (5506). (AQS, 1999)
Dans la majorité des régions du Québec, le taux de suicide a augmenté de façon continue depuis 1990. On retrouve les plus fortes augmentations dans les régions de la Côte-Nord (52,5%), de Québec (36,7%) et de Laval (31,6%). De façon générale, le Québec a connu une hausse de 10,4% entre 1990 et 1996. En 1996, les régions de Montréal (309), de Montérégie (206) et de Québec (148) comptaient à elles trois, plus de 45% de tous les décès par suicide du Québec. (ASQ, 1999)
Taux de suicide selon l'âge et le sexe - Québec 1994-97 (AQS, 1997)
-
1994
-
1995
-
1996
-
1997

-

 
Hommes
Femmes
Homme
Femmes
Hommes
Femmes
Hommes
Femmes
10-14
6,5
2,5
2,1
4,3
3,3
1,8
5,54
1,8
15-19
34,2
7,1
34,9
7,0
33,3
6,9
30,9
8,5
20-24
48,3
8,1
42,5 6,4 44,7 7,2
37,2
7,9
25-29
37,2
5,9
37,3 7,3 43,2 7,8 30,3 8,8
30-34
36,1
8,9
49,4 9,3 39,6 8,3 37,5 6,6
35-39
38,9
11,1
45,2 11,0 48,6 15,3 35,8 9,0
40-44
35,3
13,4
41,1 16,1 44,9 18,1 46,0 9,6
45-49
31,6
12,6
43,3 14,8 34,4 18,5 45,7 15,4
50-54
36,6
9,1
43,5 13,7 35,3 11,8 35,6 11,6
55-59
30,2
11,8
37,4 12,2 30,2 14,6 33,3 7,0
60-64
28,8
5,4
29,5 8,4 29,6 4,8 27,9 10,4
65-69
21,5
3,2
24,2 5,7 32,0 4,4 25,5 4,4
70-74
23,5
4,5
24,6 4,4 34,5 5,7 30,1 8,5
75-79
34,5
6,2
28,6 2,0 27,3 5,8 27,3 3,7
80-84
50,5
6,0
5,4 0,0 36,9 4,2 28,3 6,8
85 et+
35,7
0,0
44,0 1,8 9,3 1,7 47,3 4,8
Total
28,8
7,1
31,3 7,9 31,0 8,5 29,1 7,7
Environ 8% des enfants de 9 ans ont pensé sérieusement à se suicider en 1998. Chez les adolescents, la présence d’idées suicidaires sérieuses est plus élevée à 16 ans (10%) qu’à 13 ans (7%), et plus élevée chez les filles que chez les garçons. (ISQ, 1999)
Une augmentation de 300% des décès par suicide a été enregistrée chez les jeunes Québécois âgés de 10 à 14 ans entre 1975 et 1998. En nombre absolu, on observe également une augmentation du nombre de suicides chez les enfants de plus en plus jeunes. Ainsi, comparativement à la période 1987 à 1990 au cours de laquelle six (6) enfants québécois âgés de 11 et 12 ans se sont suicidés, entre 1995 à 1998, presque trois (3) fois plus de décès par suicide ont été enregistrés chez des enfants (17) dont l’étendue d’âge varie entre 8 et 12 ans. On dénombre presque autant de suicides chez les jeunes filles que chez les garçons âgés de 10 à 14 ans, soit 1,6 garçons pour une fille. Tout comme chez les adolescents, les problèmes de santé mentale auraient un rôle particulièrement important à jouer dans la décision des enfants de passer à l’acte. (ACJQ, 2000)
 

FACTEURS ENTRAVANT L’AMÉLIORATION DE LA SITUATION DES ENFANTS AU QUÉBEC

 
Les unités familiales du quintile inférieur ne reçoivent que 7,6% du revenu disponible total ajusté en 1997 (7,1%pour les personnes seules et 8,5% pour les familles), tandis que les unités du quintile supérieur accaparent 37,0% du revenu (39,2% pour les personnes seules et 35,7% pour les familles). (ISQ, 2001)
Les ménages du quintile inférieur consacrent plus que leur revenu disponible à la consommation courante (115%), contre 77% pour les ménages du quintile supérieur. (ISQ, 2001)
 

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